MAZDA6 : LA FORME ET LE FOND

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MAZDA6 : LA FORME ET LE FOND Demander un devis

Publié le 19 mars 2013

La troisième génération de Mazda6 fait le plein de technologies embarquées, fidèle en cela à la réputation de « voitures d’ingénieurs » traditionnellement attachée aux véhicules Mazda. Mais elle monte aussi en gamme pour se rapprocher des premium.

Chez le constructeur d’Hiroshima, qui reste un défenseur convaincu du moteur rotatif, on aime la technologie et l’innovation. Mais il faut que le conducteur puisse se les approprier, qu’elles soient aussi synonymes d’agrément. C’est toute la philosophie du jinba ittai, lorsque le cavalier et sa monture ne font plus qu’un, état que s’efforcent notamment d’atteindre les pratiquants du yabusame, le tir à l’arc équestre, discipline traditionnelle au Japon où l’arc fût, avant le sabre, l’arme noble par excellence du samouraï.

Pour Mazda, le jinba ittai doit aussi s’appliquer à l’automobile afin de parvenir à une véritable osmose entre le conducteur et son véhicule. Au-delà de la technique pure, cela passe aussi par une esthétique à la fois fluide et élégante qu’annonçait déjà le concept-car Takeri exposé à Genève l’an passé. La nouvelle Mazda6 en est restée la plus proche possible, à la grande satisfaction d’Akira Tamatani, chargé du design du véhicule, dont l’équipe a travaillé étroitement avec les responsables de la production pour qu’il en soit ainsi. La voiture est ainsi une nouvelle illustration du concept stylistique Kodo, « l’âme du mouvement ».

 

Mazda 6 vue arrièreLongue de 4,87 m pour un empattement de 2,83 m, large de 1,84 m et haute de 1,45 m, la nouvelle Mazda6 apparait à la fois longue et basse. Les ailes avant fortement galbées, la calandre en forme d’aile, l’alliance des lignes et des courbes… Tout concourt à rehausser le standing du véhicule. La marque ne cache d’ailleurs pas son ambition de se rapprocher des références du marché premium, ce qui semble aujourd’hui une démarche obligée pour s’imposer sur un segment toujours plus sensible à l’image. Pour une marque comme Mazda, qui n’a pas encore une aura suffisante pour emporter la décision sur sa seule renommée, il ne suffit pas de proposer un véhicule réussi, encore faut-il qu’il séduise.

 

 

C’est sans doute pour cela que le break est à la fois plus court (4,80 m pour un empattement de 2,75 m) et un peu plus haut (1,48 m) que la berline : l’élégance des proportions est un critère incontournable sur les marchés européens, notamment l’Allemagne, où l’on aime les breaks cossus. Pour autant, le volume du coffre reste correct : 522 l contre 489 l pour la berline. Un espace sous le plancher permet en outre de ranger la tablette arrière lorsque celle-ci n’est pas utilisée.

 

Revers de la médaille : la place accordée au style n’amène pas la Mazda6 à battre des records en matière de rapport entre encombrement et habitabilité. La garde au toit à l’arrière apparaîtra limitée pour les grands gabarits. Ils seront mieux installés dans le break mais, du fait d’un empattement plus court, ils y perdront un peu d’espace aux jambes. Dans les deux cas, la présence d’un tunnel de transmission – signe probable de futures versions 4×4 et/ou hybrides – n’arrange pas les choses.

 

Il est à noter que la carrosserie cinq portes n’est pas reconduite sur la berline. Là encore, on peut y voir le souci de Mazda de se conformer aux canons du premium. Sur beaucoup de marchés, une berline statutaire est forcément une tricorps.

 

Mazda 6 habitacleL’habitacle offre une bonne ergonomie et sa présentation est plutôt flatteuse même si un regard plus attentif révèle la présence de nombreux plastiques durs manquant de cachet au niveau de gamme visé. La position de conduite est bonne, les différents réglages permettant, quel que soit sa taille, de trouver ses aises.

Si elle cherche donc à séduire, la nouvelle Mazda6 n’a cependant rien d’une belle écervelée. Elle se dote des technologies SkyActiv, terme qui recouvre chez Mazda l’ensemble des systèmes permettant au véhicule d’être à la fois plus sûr et plus efficace. Cela se traduit tant par des innovations que par un réexamen constant de tous les organes du véhicule. Mazda est ainsi devenu un spécialiste de l’allègement et la nouvelle Mazda6, plus longue de 15 cm que la précédente, ne pèse pas plus lourd tout en étant plus rigide.

 

Côté technologies embarquées, on pourra citer en exemple le RVM qui prévient le conducteur lorsqu’il se rapproche trop du véhicule qui précède ; en l’absence de réaction, le système agit sur le freinage (entre 15 et 145 km/h) pour ralentir le véhicule. Une fonction qu’on retrouve en conduite urbaine (entre 4 et 30 km/h) via le SCBS, très utile pour éviter les petits chocs dus à l’inattention. On pourrait également évoquer la détection dans l’angle mort des rétroviseurs, l’aide au démarrage en côte ou la panoplie d’aides à la conduite de série dès la première finition : anti-patinage, contrôle dynamique de stabilité, aide au freinage d’urgence, surveillance de pression des pneus…

 

Mazda 6 profilÉtrennée par le récent CX-5, la nouvelle génération de moteurs SkyActiv donne ici aussi toute sa mesure. Ils ont la particularité de présenter un taux de compression très haut pour l’essence et très bas pour le Diesel afin de conjuguer performances et basses consommations. Ainsi, sur la berline, le 2.2 Diesel, décliné en 150 et 175 ch, ne consomme que 4,2 et 4,5 l/100 km en cycle mixte pour des rejets de 108 et 119 g/km. En boîte automatique, la consommation est de 5,9 l/100 km pour des rejets de 129 g/km dans les deux cas. Les blocs essence 2.0 – 165 ch et 2.5 – 192 ch s’en sortent eux aussi très bien : 5,9 l/ 100 km et 135 g/km et 6,3 l/100 km et 148 g/ km. Signalons enfin que Mazda a veillé à réduire les émissions de NOx (qui, contrairement au CO2, est un authentique polluant…) au point que les Diesel de la Mazda6 satisfont d’ores et déjà aux normes Euro 6.

 

Sur la route, la nouvelle Mazda6 se caractérise par son confort et son efficacité. Les suspensions assurent un excellent filtrage sans pour autant se montrer trop souples pour une conduite plus appuyée. La direction à assistance variable offre un bon ressenti. Le poids contenu (1 405 kg à vide pour une berline Diesel) confère au véhicule une bonne agilité pour  sa taille. Le Diesel ne fait montre d’aucune rugosité et sa souplesse le rapproche d’un moteur essence. S’il représentera l’essentiel des ventes françaises, l’essence ne manque pourtant pas d’agrément sur la Mazda6. Sans aller jusqu’à le qualifier de sportif, on appréciera notamment l’énergie du 2.5, bien servi par une boîte automatique réactive. Dans tous les cas, on apprécierait toutefois un petit supplément d’insonorisation.

Prestations convaincantes, innovations techniques et ligne séduisante : la nouvelle Mazda6 n’a rien négligé pour prouver qu’elle peut se comparer aux meilleures productions européennes.

 

Sylvain LHOTE

By autovista

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