Baisser la vitesse à 60 km/heure sur les routes c’est diviser la mortalité routière par deux ! Chiche ?

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Baisser la vitesse à 60 km/heure sur les routes c’est diviser la mortalité routière par deux ! Chiche ? Demander un devis

Publié le 23 janvier 2014

Le bilan provisoire de l’Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière vient d’être publié

Il ressort clairement que les chiffres sont en baisse et que la vitesse n’est pas l’unique facteur d’accidents occasionnant des décès sur la route.

Synthèse des accidents de la route onisr 2013

D’ailleurs, le ministre délégué aux transports, à la mer et à la pêche, Frédéric CUVILLIER, souligne que « l’amélioration de la sécurité des véhicules et l’aménagement des infrastructures sont des leviers importants et les efforts doivent se poursuivre ».

Aussi, on ne peut être que très surpris des annonces récentes de baisser les limitations de vitesses sur routes de 10km/heure.  Pourquoi 10 ? Pourquoi pas 30 km/heure pendant qu’on y est ? N’y aurait-il pas d’autres objectifs finalement comme la recherche de plus de PV ?

« Le projet de loi de finance prévoit une augmentation significatives des recettes issues des PV. En baissant la limitation de vitesse, cela va coûter cher aux contribuables et contribuer à tendre encore plus le budget automobile des ménages. En termes de PV mais également de coûts de changement des panneaux de signalisation. » commente Eric BATAILLE, du site www.drivepad.fr.

 Sans contester l’impact humain d’une telle mesure, rechercher à baisser le nombre de morts et de blessés est tout à fait louable, on peut néanmoins s’interroger sur le choix de la limitation de vitesse, et de surcroit sur les routes nationales et départementales.

 

Le coût a été estimé à ….50 millions hors autoroutes ! Pour les seuls panneaux

Pour changer les panneaux sur l’ensemble des réseaux routiers concernés il en coûterait près de 50 millions d’euros selon les fabricants, répartis comme suit :

 – 1.957.056 € pour les routes nationales
– 48.112.722 € sur les routes départementales
=> Soit au total, 50.069.758 € !

(Chiffres cités par motomag)

 

Et 3,9milliards de plus…de manque à gagner

Selon Rémy Prud’homme, économiste, la baisse de 10 km/h de la vitesse au volant aurait un autre coût, induit beaucoup, beaucoup plus important… de 3,9 milliards d’euros ! Explications :

Cette mesure engendrerait un gain  de 1,3 milliard d’euros d’économie pour l’Etat. 800 millions liés à la baisse des accidents et 500  millions d’euros pour les ménages, grâce à la baisse de la consommation de carburant. Mais il faut prendre également en compte le manque à gagner que l’universitaire estime à 5,2 milliards d’euros, lié à la perte de business du fait de temps plus important passé au volant par les routiers, les livreurs, etc…

Au total, cela ferait un coût de près de 4 milliards d’euros.

 

Rappel des chiffres des accidents routiers en 2013

Le constat est encourageant. Entre 2000 et 2010, la mortalité routière a été divisée par deux. 2011, avec 3 963 personnes tuées marque un palier par rapport à 2010. En 2012, avec 3 653 personnes tuées, un décrochage important est observé. En 2013, avec 3 250 personnes tuées, l’évolution à la baisse s’accélère. Par rapport à 2010, la nouvelle année de référence, la variation du nombre de personnes tuées est de – 18%.

Mortalité routière par type de véhicules onisr 2013

 

Les chiffres des accidents routiers en 2013 en détail

Premiers constats, la mortalité automobile représente 50% de la mortalité totale. Elle baisse de manière très significative en 2013 pour atteindre 1616 décès. C’est ici que l’on constate la plus forte baisse depuis 2010.

« C’est toujours beaucoup trop », rappelle le ministre de l’Intérieur, Manuel VALLS, qui maintient son objectif de passer sous la barre des 2 000 personnes tuées sur la route  » d’ici à 2020 « . Le ministre tient cependant à saluer « ces résultats notables, rendus possibles par la prise de conscience et le sens accru des responsabilités des conducteurs, mais aussi par l’action déterminée des forces de l’ordre ».

 

La mortalité des 18-24 ans suit la tendance générale, en baisse de 10% en 2013 par rapport à 2012. Les 18-24 ans restent néanmoins surreprésentés puisqu’ils comptent pour 21% de la mortalité routière pour seulement 9% de la population.

Tués sur la route en 2013

65% des personnes tuées le sont sur les routes hors agglomération. On le voit, les autoroutes ne représentent que 7% des décès enregistrés.

Répartition des accidents et hospitalisations 2013

Pour ce qui est des blessés, l’autoroute reste l’endroit le plus sûr pour rouler. Seulement 7% des blessés. Par contre, les agglomérations sont plus accidentogènes avec 53% des blessés, contre 40% pour les routes hors agglomération.

Les causes principales des accidents mortels remontées par les forces de l’ordre sont :

– 25% excès de vitesses

– 20% l’alcool

– 14%  le refus de priorité

– 4%  les stupéfiants

– 37% indéterminés.

 

L’approche multi critères permet de déterminer la présence de certains facteurs dans les accidents mortels. Ce sont :

– 31% l’alcool

– 23% des cas, présence de stupéfiants

– 21%  ne portaient pas de ceinture

– 16%  liés à la fatigue, malaise.

 

Pourquoi ne pas baisser les vitesses à 60 km/heure au lieu de 90 ?

A la lueur de toutes ces données, mettre en avant et pointer du doigt la vitesse est une solution simpliste. Rappelons que le lien entre baisse de la vitesse et baisse des accidents n’est pas démontré. La Société de Calcul Mathématique a refait les calculs et repris les modèles employés dans l’étude sur « l’impact des contrôles automatisés sur la mortalité routière » et ses conclusions sont sans appel. Extraits :

« Du strict point de vue de la logique, les modèles utilisés par ces document sont inappropriés, incohérents et n’ont jamais fait l’objet de la moindre validation. Il ne s’agit que d’approches non scientifiques qui se citent entre elles. On ignore sur quelles données ils s’appuient et quelle est l’incertitude sur ces données. Les modèles ne font pas la distinction entre différentes situations qu’il faudrait manifestement différencier. ».

Si on suit les recommandations et les calculs gouvernementaux, ce n’est pas 10 km/heure de moins qu’il faut retirer mais 30 ! Avec 60 km/heure sur route, au lieu de 90 km/heure, la mortalité serait divisée par plus de 2 selon ces mêmes calculs …

Il faut s’attaquer aux autres facteurs que sont l’alcoolémie, les stupéfiants, l’état du véhicule, et avoir une action renforcé de prévention et d’information qui porte sur la sécurité du véhicule, avec un ciblage plus spécifique des jeunes de 18-24 ans qui paient un lourd tribu ici.

« Aussi, on peut s’étonner que le budget alloué à la communication pour la DSCR soient en baisse en 2014. Si on veut que les Français s’approprient véritablement les notions de sécurité routière, il faut renforcer l’information sur les points clés. Toujours plus de répression, c’est aller à l’encontre de l’effet recherché. Mais finalement, à la vue des chiffres, on est en droit de se demander si on ne recherche pas, sous couvert de sécurité routière, à faire rentrer plus d’argent dans les caisses de l’Etat ? » explique Eric BATAILLE, le Président de drivepad.fr.

 

DrivePad

 

Sources : ONISR, Société de Calcul Mathématique SA, Drivepad.fr

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